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Choual History X, tout un cinéma !

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Page 1: Choual History X, tout un cinéma !

Pourquoi se souvient-on d'une fragmovie ? Pourquoi, des années après leur sortie, certaines d'entre elles continuent d'être ancrées dans l'imaginaire collectif quand la grande majorité tombe dans l'oubli ?

Choual History X a su trouver la recette adéquate pour intégrer le cercle des vidéos mythiques. Sortie le 16 juillet 2004, elle est le fruit d'un mélange atypique, probablement unique, où le cinéma prend le pas sur le jeu vidéo. Réalisée par le Français YokozowneR, un pseudonyme quasi inconnu jusqu'alors et qui le redeviendra par la suite, "CHX" est une déclaration d'amour à la réalisation. Et aussi l'une des plus belles preuves que l'univers de Counter-Strike regorge d'histoires passionnantes à raconter.


Choual History X, par YokozowneR

What is a Choual ?

Cette question qui apparaît dans l'introduction de Choual History X nécessite une réponse. Il faut comprendre que cette création a été l'étendard à l'international de toute une communauté francophone. Une fierté non dissimulée qui a fait connaître le nom des Chouals à l'étranger. Tout est parti d'un site web, cs-view.

Au début des années 2000, les plateformes de diffusion de vidéo grand public, telles YouTube, n'existent pas encore. Toutefois, des joueurs filment déjà leurs parties de CS et veulent partager sur le net leurs meilleures actions. Certains décident même de les sublimer en y ajoutant une musique, quelques effets visuels... Bref, en créant des fragmovies.

Pour répertorier, stocker et télécharger ces vidéos, plusieurs sites se mettent en place. En 2001, un Français, Sai4n, lance cs-view.fr.st, bientôt remplacé par le plus international cs-view.com. Il propose à la base des demos et replays de match, puis se diversifie dans le moviemaking. Petit à petit, il se forge une réputation et devient une plateforme renommée pour tout amateur de frags en chanson. La communauté, en grande partie française, se développe.

Ce nom de Choual alors, qu'est-ce que c'est ? Pour le savoir, il faut faire un pas de côté et s'intéresser à un domaine sans aucun rapport avec Counter-Strike ou le montage de fragmovies, à savoir l'hippisme.

Choual vient des Guignols de l'info. Ils se moquaient de Canal+ qui avait acheté les droits des courses de chevaux. Le nom nous faisait marrer à l'époque, on prenait le pseudo Choual sur CS, et j'ai poussé le concept plus loin en affichant sur cs-view un compteur « X Chouals en ligne ». La communauté a adoré le délire sans trop savoir d'où ça venait, et c'est resté.

Sai4n, fondateur de cs-view

Les Chouals étaient nés. Le site se renomme même choual.org durant un temps, avant que ce nom de domaine ne soit perdu par Lycos – un ancien moteur de recherche du temps où Google n'avait pas encore tout écrasé –, obligeant à ressortir cs-view.com du placard. Trop tard cependant pour revenir en arrière : les membres revendiquent désormais leur identité de Choual.


La marionnette Flat Eric, mascotte des Chouals, ici à l'ESWC 2006 avec plusieurs membres du forum en arrière-plan

Une partie de ces joyeux drilles a pour repère le channel IRC de cs-view. Sur cet ancêtre de Discord, ça discute editing, codecs et autres framerate, et ça joue à Counter-Strike, forcément. Alors naturellement, un jour, l'idée surgit : pourquoi ne pas faire une fragmovie communautaire regroupant les actions des habitués du coin ?

"Si ma mémoire est bonne, c'est Kento (Bru sur Choualbox) qui a lancé l'idée sur IRC et qui s'est occupé de réunir tous les frags des chouals « influents »", se rappelle Sai4n. Un petit jeune de 18 ans surnommé YokozowneR se charge ensuite de la réalisation.

Voilà une première particularité de Choual History X. Ce n'est pas une vidéo construite autour des meilleurs joueurs de l'époque, reprenant des actions réalisées lors de tournois de haut niveau. CHX met en scène des inconnus qui frag d'autres inconnus lors de matchs quelconques. Et ça, en théorie, en dehors de ceux présents dans la fragmovie, ce n'est censé intéresser personne. C'est juste l'aboutissement vidéoludique et artistique d'une bande de potes qui passaient du temps ensemble en ligne. Sauf que YokozowneR a de la suite dans les idées et va transformer ce qui aurait dû rester anonyme en une vidéo immortelle.

Les créateurs du site, ils avaient senti que Yoko avait quelque chose de différent, et qu'il allait faire un truc très lourd. Pour moi, ça a été les premiers à avoir eu le nez sur ce gars-là. Eux n'avaient pas l'ambition de faire une fragmovie de malade, c'est juste qu'il y avait un gars de la communauté qui adorait la vidéo et qui était devenu leur pote.

C'est ça qui est super intéressant dans cette fragmovie : les frags sont complètement anecdotiques, comme les joueurs à l'intérieur. C'est assez caractéristique des fragmovies communautaires. En général, avoir des frags de randoms, ça a assez peu d'intérêt. Par contre, si la vidéo est bien faite, qu'il y a une ambiance, un fil conducteur, tu vas t'en souvenir et elle va te marquer.

FistOr, moviemaker français sur Counter-Strike premier du nom

Au fil des longs mois de montage, YokozowneR va peu à peu faire monter la sauce. Un teaser et un trailer précèdent la sortie de la fragmovie finale. "À chaque extrait qu'il balançait, on était sur le cul, c'était vraiment fou à l'époque", se souvient Sai4n. "Ça annonçait du lourd, ça a fait monter la hype", confirme FistOr.

Le 16 juillet 2004, date de la mise en ligne de CHX, la communauté se rue sur cs-view pour télécharger ce qui a tant fait parler ces derniers mois. Pour Sai4n, "c'était la vidéo de la plus grande communauté CS francophone à cette époque, et surtout une communauté tournée précisément sur les vidéos CS : tout le monde se devait de la voir". FistOr évoque une excitation similaire : "Une vidéo attendue comme ça, tout le monde était au taquet. Je me souviens, je l'ai téléchargé tout de suite, je l'ai regardé trois ou quatre fois d'affilée, j'étais comme un dingue et tout le monde était comme moi, j'en suis sûr."

Le suspense a été de courte durée. Choual History X tient toutes ses promesses, peut-être même plus encore. Tout le monde s'accorde à dire que YokozowneR a réalisé un coup de maître.

Et étonnamment, ce n'est pas à Counter-Strike qu'il doit ses louanges. C'est au cinéma.

Quand Counter-Strike rencontre le cinéma

C'est une drôle d'expérience que d'entendre FistOr complimenter Choual History X et puis sortir d'un coup, de manière anodine : "Pour moi, c'est pas une bonne fragmovie". En voilà un paradoxe qui mérite de plus amples explications, du principal intéressé lui-même :

Pour moi, c'est pas une bonne fragmovie, dans le sens où les frags sont nuls, pas forcément bien capturés, c'est pas une vidéo d'un amoureux de CS. Ça se voit, c'est évident. Mais c'est une vidéo incroyable pour tout le reste.

Je distingue vraiment, dans la fragmovie, le technicien et le vrai créateur, le gars qui a quelque chose. Moi, je ne me suis jamais considéré comme un gars comme Yoko. Je suis un amoureux de CS, et je pense que mes fragmovies ont été appréciées parce que les gens voyaient mon amour du jeu et ma compréhension du jeu. Par contre, un mec qui ne joue pas à CS, il n'y a aucune chance qu'il puisse apprécier mes vidéos. Ce qui n'est pas le cas pour les vidéos comme celles de Yoko, ou d'autres.

FistOr

Ainsi, CHX ne serait pas simplement un empilement de frags synchronisés avec de la bonne musique, qui fait honneur au jeu vidéo concerné. Il y aurait quelque chose de plus, qui la fait basculer dans une autre dimension, celle des réalisations à part. YokozowneR n'a pas nécessairement cherché à réaliser une belle vidéo de Counter-Strike. Il a avant tout voulu créer une belle vidéo tout court.

Interrogé en août dernier sur ses fragmovies favorites, Anthony Perfetto, coréalisateur de l'unanimement célébrée Echoes of 2019, avait placé Choual History X dans son top 5. Lui non plus ne cite pas une seule fois la qualité des actions comme critère de choix, préférant mettre en avant l'atmosphère incomparable de la vidéo ou le montage si particulier :

CHX était une des premières vidéos à utiliser un thème plus gothique, un peu dans le style des films d'horreur, pour son introduction et sa première partie. Comme on le voit dans l'intro, l'atmosphère était centrale dans ce projet. On sent ce malaise dès le début grâce à cette séquence d'ouverture étrange. C'était aussi une des pionnières dans la volonté de faire « sentir » les tirs, particulièrement dans la partie avec Marylin Manson. Ça permet de plonger le spectateur dans le jeu. D'ailleurs, ça a inauguré la mode des réalisateurs qui cherchaient à synchroniser des parties dynamiques du décor, comme des murs clignotants, avec leur bande-son, lançant une période où ce genre d'effets allait être surutilisé.

D'un point de vue du montage, ce fut probablement la première à être considérée comme « suréditée ». Mais YokozowneR ne s'en cache pas, au contraire. Il assume totalement ce style et en fait le pilier de sa vidéo, pour en faire une production de grande qualité. Par exemple, les effets de texte avec « Sleep Now » et le nom des joueurs étaient, et restent encore à ce jour, les meilleurs qu'il m'ait été donné de voir.

Anthony Perfetto

En se penchant sur ses caractéristiques, Choual History X commence à livrer ses secrets. Il paraît clair que YokozowneR a privilégié le côté "movie" au côté "frag". C'est dans cette direction qu'il est nécessaire de creuser pour dévoiler le cœur de la vidéo. Il faut quitter la sphère du jeu et plonger dans un univers voisin : celui du cinéma. Pour ça, pas besoin de connaître Counter-Strike. N'importe qui pourrait s'apercevoir que CHX possède une indéniable patte cinématographique.

Le texte affiché dans les premières secondes ? Fight Club. La musique de l'introduction et le "Sleep Now" qui se fait entendre à 1:40 ? Dark City. Le titre "Pistolero" qui rythme toute la deuxième partie de la fragmovie ? Il était une fois au Mexique... Desperado 2. Et puis le titre, évidemment, fait furieusement penser à American History X. Des clins d'œil de ce type, il serait possible d'en citer des tas d'autres, dont certains que YokozowneR doit même encore être le seul à connaître.


Tyler Durden à l'honneur pour les premières secondes de Choual History X

Il ne faut même pas être spécialement calé en cinéma pour comprendre ça. L'introduction où s'enchaînent plus de deux minutes d'images sans un seul frag suffit à comprendre que le but de YokozowneR n'était pas tant de montrer du Counter-Strike que de réaliser une œuvre audiovisuelle.

Le caractère unique de cette vidéo, et pour moi ça n'a jamais été reproduit, c'est que c'est une fragmovie avec un ADN cinématographique dans la narration, dans ce que tu vois, ce que t'entends, la manière dont ça s'enchaîne, le rythme. C'est vraiment unique. Pour moi, c'est incroyable. Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu, mais quand j'y repense, je pense à la section Pistolero (ndlr : à partir de 6 minutes), tellement c'est fou. Le rythme, la photo, il a tout saisi. Alors que c'est des frags nuls, l'image est dégueulasse, même à l'époque je l'avais trouvé dégueulasse, mais tout le reste c'est de la folie.

Ça transpire d'amour pour le cinéma. À l'époque, je ne m'en rendais pas compte. Et puis plus tard par exemple j'ai vu Desperado, je me suis dit « Ah mais ok, ça vient de là cette partie-ci en fait ! »

FistOr

Anthony Perfetto présente une observation similaire :

De manière générale, on peut percevoir l'influence du cinéma hollywoodien sur YokozowneR. Il utilise le panneau « Attention » de Fight Club, mais aussi des chansons de Dark City, Resident Evil, Il était une fois au Mexique ou encore Men in Black. J'avais vraiment aimé cette façon dont Yokozowner avait choisi un thème et s'y était tenu. Par exemple, sa façon d'utiliser le « X » en 3D rappelait sans cesse le logo et la vidéo en elle-même.

Anthony Perfetto

Voilà pourquoi Choual History X est exceptionnelle. Parce que la démarche de son auteur l'est tout autant. La vidéo aurait autant sa place dans la catégorie des fragmovies que dans celle des courts-métrages. YokozowneR s'est servi de Counter-Strike pour créer quelque chose qui lui parlait et qui a ensuite résonné chez tous les spectateurs. Et tant pis si, au final, il ne jouait même pas tant que ça à CS. Il s'est approprié le jeu pour l'adapter à sa passion première, le cinéma. Le résultat est splendide. C'est bien tout ce qui compte.

Il y a toujours eu une inspiration cinéma dans les fragmovies, mais ce n'était pas fait par des gens qui comprenaient ou qui maîtrisaient les codes du cinéma. Ce n'était pas fait par des amoureux du cinéma. Il y avait des choses qui étaient tentées, mais pour moi ça ne marchait pas, c'était très artificiel. CHX, c'est quelque chose que seul Yoko a su faire.

Ça fait partie des choses incroyables avec CS, en tout cas à l'époque, c'était un vrai format d'expression artistique dans la vidéo. Pour certaines vidéos, on peut vraiment parler d'œuvre artistique. Yoko a utilisé cette opportunité, avant de passer à des formats et des supports différents.

FistOr

"Avant de passer à des formats et supports différents". Alors comme ça, YokozowneR aurait persévéré dans le milieu ? Pourtant, son pseudo n'a plus jamais été revu sur une autre fragmovie par la suite. "Il était inconnu avant, et il est redevenu inconnu après, c'est ça qui est magnifique !", s'amuse FistOr. Choual History X 2, un temps envisagé, n'a jamais vu le jour. Sans regrets pour Sai4n : "Yoko n'avait plus le temps (un autre Choual voulait la faire), et l'âge d'or des vidéos était passé, ça devenait répétitif, on jouait moins... Perso, je suis content qu'elle ne soit jamais sortie, on n'aurait pas fait mieux."

Slyprod.Pictures, une production à trois vidéos

Dans l'introduction de Choual History X, un "Slyprod.Pictures presents" se charge d'abord de présenter l'auteur de la vidéo, le pseudonyme de YokozowneR n'apparaissant que plus tard. Slyprod était un ancien tag d'équipe, réutilisé pour l'occasion. Il aurait pu ne jamais resservir étant donné l'absence de Choual History X 2, mais il sera à nouveau mis à l'honneur plus tard par un autre moviemaker français, TempesT, pour deux de ses réalisations, Project Ascension en 2005 puis Hostile Records : One Life Clan en 2006.

"Choual History X, ça a forgé TempesT. C'est une vidéo qui a beaucoup résonné chez lui", explique FistOr. D'où la volonté de s'inscrire dans la continuité en se rangeant également sous la bannière Slyprod.Pictures.

Où est-ce que YokozowneR a-t-il continué sa "carrière" de réalisateur ? Choual History X n'a pas encore livré tous ses secrets. Mais celui-là est peut-être bien le plus improbable de tous.

Un jalon sur un plus long chemin

Que sait-on de YokozowneR ? Eh bien, qu'il touchait à Counter-Strike. Mais ce n'est pas un indice très utile. À l'époque, toutes les personnes qui possédaient un PC, écumaient les cybercafés ou jouaient aux jeux vidéo finissaient par s'intéresser à CS à un moment ou un autre, même temporairement.

On sait aussi qu'il était un grand fan de cinéma. À bien y réfléchir, et selon les souvenirs de FistOr, ce n'était pas seulement ça. C'était un fanatique démentiel de cinéma.

Je me souviens de Yoko, c'était pendant la canicule de 2003, je me souviens parfaitement où j'étais, en train de crever de chaud sur IRC, et on parlait beaucoup, lui tout le temps de cinéma. Il passait sa vie à regarder des films. Ça me faisait halluciner. On commençait à être à l'époque du DVD, mais lui avait plein de VHS et il se regardait que des classiques. Il avait un abonnement UGC et il allait tout le temps au cinéma voir des rediffusions de classiques et quelques films récents. Lui, surtout, c'était l'histoire du cinéma. C'est ça qui m'avait vraiment surpris. Je n'avais jamais vu un gars aussi passionné de cinéma.

À l'époque, je voulais aussi faire un BTS audiovisuel et du coup, on avait un peu discuté de ça. Lui, c'était son objectif et je m'étais rendu compte qu'on n'était pas foutu pareil. Je n'avais pas cette passion. Même si aujourd'hui j'adore le cinéma, je me renseigne beaucoup plus, lui c'est incroyable, c'est un niveau monstrueux.

FistOr

Alors une nouvelle perspective s'ouvre. YokozowneR voulait poursuivre sa scolarité dans l'audiovisuel. Il n'a donc pas simplement créé Choual History X pour Counter-Strike, pour le plaisir, pour la communauté, pour l'amour du cinéma, pour exprimer tout ce qu'il avait à dire au fond de lui. Il faisait autre chose.

Il s'entraînait.

Il s'entraînait à monter, à réaliser, à dompter le format vidéo. Pour un jeune de 18 ans, Counter-Strike était une matière première formidable pour s'exercer dans la production de contenus audiovisuels, voire même déjà cinématographiques. Plutôt que de devoir payer du matériel, des costumes et des accessoires, il était possible de se servir du jeu vidéo pour créer. Choual History X n'était qu'une étape dans la progression de YokozowneR. Une étape devenue culte pour la communauté de Counter-Strike, certes, mais une étape quand même sur son chemin à lui.

Un passionné de cinéma, grand amateur de jeux vidéo, qui a poursuivi ses études et sa vie dans le monde de la vidéo. Les pièces du puzzle se mettent en place. Pour certains, le dessin final ne parlera à personne. Pour d'autres, il sera probablement une surprise.


Un pseudo oublié... à moins que ?

Le 6 février 2013, une nouvelle émission paraît sur jeuxvideo.com. Elle se nomme Crossed et parle de films tirés de jeux vidéo, ou inspirés de jeux vidéo, ou possédant des caractéristiques les rapprochant de jeux vidéo. Elle est présentée par un passionné de cinéma, grand amateur de jeux vidéo, qui mène sa vie dans le monde de la vidéo et a notamment aidé à la réalisation des premiers 3615 Usul, autre chronique de jeuxvideo.com lancée fin 2011 sur le site.

Il s'appelle Karim Debbache. Et son pseudo, dans ses jeunes années, était YokozowneR.

Karim Debbache, le créateur des émissions cultes Crossed et Chroma avec ses amis Gilles Stella et Jérémy Morvan, qui officie aujourd'hui chez le Joueur du Grenier, est le réalisateur de Choual History X, l'une des fragmovies les plus populaires et célèbres de Counter-Strike. "Son premier chef d'œuvre", dit en rigolant Ey3shield, autre moviemaker français de renom.

"J’avais appris le montage de manière non conventionnelle, en faisant des vidéos sur Counter-Strike parce que je n’avais pas accès à des caméras pour tourner des images et qu’il existait des moyens assez simples pour enregistrer mes parties", confirmera Karim Debbache lui-même en 2017, dans une interview donnée au blog L'Œil du Kraken.

La plupart de ceux qui ont connu YokozowneR l'ont ensuite redécouvert une seconde fois sous son vrai nom. Sai4n a réalisé que les deux étaient une seule et même personne des années après.

Peut-être 5 ou 7 ans plus tard, car on avait perdu contact avec Yoko. À l'époque, tout le monde était anonyme sur internet, sur les réseaux sociaux aussi, il n'y avait pas ce « filet de datas » pour rester en contact. C'était évidemment une belle surprise. Il y a pas mal de membres sur cs-view ou Choualbox qui ont réussi à faire une carrière de leur passion. À chaque fois, c'est une énorme fierté.

Sai4n

De longues années après leurs discussions sur IRC, FistOr et Karim Debbache s'étaient à nouveau croisés lors d'une nuit Nanarland, un événement de visionnage de "nanars", ces films tellement mauvais qu'ils en deviennent comiques. Le premier, qui avait compris que le second était le YokozowneR avec qui il échangeait sur son orientation future dans sa jeunesse, s'était rappelé à ses bons souvenirs. Karim Debbache n'avait pas effacé cs-view de sa mémoire.

Choual History X est une vidéo incroyable, un souvenir éternellement gravé dans la tête des Chouals de l'époque. Et c'est un exemple parfait pour montrer en quoi Counter-Strike est plus qu'un jeu vidéo. C'est aussi un objet artistique, filmique, social. C'est à la fois un champ de création et un terrain d'entraînement. C'est un immense livre où chacun a le droit d'écrire une partie de son histoire personnelle.

Un grand merci à FistOr, Sai4n et Anthony Perfetto pour leur expertise,
à MrHusse pour la traduction, ainsi qu'à Ap-3 pour la bannière.

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